Valentina Cameranesi

 
 

Féminin

Première exposition personnelle du travail de Valentina Cameranesi.

La scène se déroule dans un ancien salon de coiffure, là où l’on prend soin de soi. Les natures mortes de Valentina Cameranesi, associant vases, tissus et photographies, évoquent la nostalgie des années 1980. À cette époque, les coiffures étaient particulièrement stylisées, les intérieurs géométriques, et l’on ne redoutait pas les apparences excentriques.

Le titre de cette exposition s’inspire des autocollants laissés sur la vitrine des salons de coiffure. C’était le sujet idéal pour Valentina Cameranesi qui traite d’une féminité perçue à une époque où les femmes étaient plus assurées, sensuelles et élégantes, avant l’adoption des silhouettes de la mode masculine par des femmes désireuses d’apparaître plus puissantes.

Dans les années 1980, une multitude de vases aux courbes arrondies ornaient tables et étagères. Valentina Cameranesi dessine son premier vase en 2011, après la visite d’un musée de Rome. Elle se souvient avoir été peinée par le terme d’une histoire, et notamment de l’inspiration qui en avait découlé. L’année suivante, elle dessine plusieurs réceptacles symboliques et décoratifs inspirés de ses émotions, jusqu’à ce qu’elle rencontre un fournisseur en Vénétie, au nord de l’Italie, où elle produit ses premiers vases en 2012. La transformation d’un dessin, d’une idée abstraite, en pièce de céramique lui procure une perspective inattendue, complémentaire de son travail de directrice artistique et de styliste. Le jacquard expressif bleu pastel figure un autre exemple de sa sensibilité esthétique. Fabriqué selon des méthodes industrielles de tissage, ce textile lui permet de traduire visuellement ses idée et esquisses. Il existe une divergence entre le dessin et ce qu’en produisent les machines, du fait qu’elles en composent une version abstraite, incontrôlable, manipulée par la technique. Elle qualifie son processus comme « une idylle avec la broderie numérique ». C’est par la photographie qu’elle capture son travail au quotidien. Elle y crée des environnements qui cadrent les produits et objets de ses clients dans le seul but de représentation. Cette approche bien maîtrisée est souvent pour elle prétexte à collaboration.

Valentina Cameranesi développe un vocabulaire artistique de formes, de couleurs et d’ornements. Ses thèmes renvoient à une nostalgie élégante, visuelle, souvent décorative, et questionnent les enjeux de l’identité féminine. La production d’images d’objets est son moyen de prédilection pour élaborer ces mémoires. La femme L’Oréal de la fin des années 1970 a aujourd’hui disparu. On s’en souvient néanmoins. La photographie de Valentina nous entraîne, l’instant d’un film qui n’existe pas encore, duquel Anjelica Huston est à peine sortie, résume tout cela. Valentina Cameranesi a choisi de laisser à son œuvre le temps de mûrir. Elle nous aide aujourd’hui à mieux définir la nostalgie contemporaine.

Matylda Krzykowski, commissaire de l’exposition.

 

 

The first solo representation of the work of Valentina Cameranesi.

The scene is set in a former hairdresser’s, an environment which allows for paying attention to oneself. Valentina Cameranesi’s still life, which includes vases, fabrics, and photographs, inspires nostalgia for the 1980s. It was a time when hair was typically heavily styled, blocky shapes defined interiors, and people were not afraid of eccentric appearances.

The title of the show is taken from the remaining stickers on a window facade. It is an ideal reference to Valentina Cameranesi’s work, which deals with a perception of femininity, from an era when women were more confident, sensual, and elegant, before they started to emulate men in fashion and appearance in order to look more powerful.

In the 1980s, vases were a plethora of curvy ceramics that graced many table and shelf tops. Valentina Cameranesi drew her first vase in 2011, after a museum visit in Rome. She remembers being saddened due to a personal conclusion but simultaneously feeling inspired by it. In the year that followed, she continued to let her emotions draw variations of symbolic and decorative vessels until she was introduced to a supplier in the Veneto, in Northern Italy, where she produced her first set of vases in 2012. The transformation of a drawing, an abstract idea, into a ceramic object was new to Valentina and gave her an unexpected perspective which complements her work as an art director and stylist. Another example of Valentina’s aesthetic understanding, is the pastel coloured, blue-shaded, expressive jacquard. Made according to an industrial weaving technique, it also offers a possibility to translate her imagined, hand-drawn ideas into visual patterns. There is a difference between what she draws and what the machines produce since it creates an abstract and uncontrollable version of it, manipulated by technique. It is a process that she describes as romance with digital embroidery. The medium which captures Valentina Cameranesi’s daily work is photography. Here, she creates environments that frame her client’s products and objects for the means of representation. It is a very familiar method for her which she usually conducts in collaboration.

One could say that Valentina Cameranesi is looking for an artistic lexicon of shapes, colours and ornaments. Her themes are elaborated with a great profusion of nostalgia — visually elegant, often decoratively beautiful — referencing the issues of female identity. The production of images of objects is important to her in order to create these memories. Today the L’Oreal woman from the late 1970s is no longer present anymore, but remembered. This walkin picture, a still from a potential film, from which Anjelica Huston possibly just emerged, sums this up. Valentina Cameranesi consciously took time to elaborate on the body of her work. Now it is placed here as a contribution to contemporary nostalgia.

Matylda Krzykowski, exhibition curator